Conférence sur les luttes sociales et féministes au Moyen-Orient

Le syndicat SL-Caen (ex-FSE) et Solidarité Irak organisaient vendredi 21 novembre à Caen une conférence sur les luttes sociales et féministes au Moyen-Orient avec Nicolas Dessaux. Après un interview sur radio Bazarnaom, la conférence a réuni entre 40 et 50 personnes. De l’avis général l’intervention de Nicolas Dessaux était très dense, et insistait par exemple sur l’utilité de comprendre les enjeux de la région en termes de genre, l’ « anti-impérialisme » islamiste étant aussi une force de rétablissement du patriarcat. Le PKK, avec ses limites de parti nationaliste paysan, est ainsi défendu sur le terrain militaire par les camarades de l’extrême gauche irakienne face à Daesh parce qu’il fait parti des trop rares forces qui défendent l’égalité hommes-femmes. Le débat qui a suivi s’est prolongé tard, jusqu’à la fermeture réglementaire des locaux. Une collecte de 77 euros a été réalisée.

arton1752-c0495Bande son de l’interview radio:

Rassemblement en solidarité avec Kobanê à Caen

Rassemblement en solidarité avec Kobanê à Caen : Samedi 25 octobre à 16h, Place du théâtre à Caen

Kobanê n’est pas seule !

Depuis plus d’un mois, la population de Kobanê, femmes et hommes, Kurdes et Arabes, résiste héroïquement face aux terroristes obscurantistes de Daesh. Depuis le 6 octobre, face à l’offensive des bandes armées de Daesh, équipées de matériel militaire moderne grâce au soutien apporté par des milliardaires du Qatar ou d’Arabie Saoudite, c’est quartier par quartier, rue par rue, que les habitantes et habitants de Kobanê résistent les armes à la main.

Dans ce combat, le gouvernement réactionnaire d’Erdogan a choisi son camp : celui des terroristes de l’Etat islamique. Agressée d’un côté par Daesh, la population de Kobanê est également visée par les chars de l’armée turque. A Diyarbakir comme ailleurs au Kurdistan turc, les forces militaires sont déployées contre les manifestations de soutien à Kobanê et dans bien des villes de Turquie, flics et voyous de l’AKP ou du Hezbollah agissent ensemble pour réprimer. A quelques kilomètres de Kobanê, la présence militaire turque cherche avant tout à empêcher de jeunes gens de traverser la frontière pour aller combattre l’EI.

La population de Kobanê ne peut compter ni sur les Etats de la région ni les Etats occidentaux dans sa lutte contre les terroristes de Daesh. Par contre, elle peut compter sur la solidarité de tous les êtres humains épris de liberté et d’égalité. Partout au Kurdistan, de Diyarbakir à Sanandaj en passant par Souleimaiye, des manifestations de masse ont lieu pour soutenir la résistance de la population de Kobanê contre l’EI. Des protestations massives montrent aussi la solidarité depuis Istanbul, Téhéran ou même Kaboul, sans compter les nombreuses manifestations en Europe et en Amérique du Nord. La population de Kobanê en effet ne lutte pas seulement pour la liberté du Kurdistan, mais pour la liberté de tout le Moyen-Orient face à la barbarie des intégristes religieux.

A l’appel des membres de la communauté kurde à Caen, rassemblement en solidarité avec la résistance de la population de Kobanê :

Samedi 25 octobre à 16h, Place du théâtre à Caen

kobane

Un an de lutte, quatre squats et des expulsions

A Caen, après un an de lutte, les expulsions des centres d’hébergement d’urgence qui continuent, des centaines de personnes à la rue, les réquisitions des logements vides continuent.

Ici, comme dans bon nombre de villes en France, depuis 2013, la politique d’austérité du gouvernement PS renforcée par la xénophobie d’Etat se traduit par le non respect des conditions d’hébergement pour les migrant-e-s, notamment les demandeurs-euses d’asile.

Ainsi, plus de 200 personnes se sont retrouvées à la rue suite à leur expulsion des centres d’hébergement d’urgence (115) pour la seule ville de Caen.

L’Assemblée Générale de Lutte contre Toutes les expulsions formée par les expulsé-e-s et les militant-e-s au mois de juin 2013 a alors ouvert un premier lieu au 202 rue de Bayeux pour héberger une soixantaine de réfugié-e-s (dont près de 20 enfants). Ce squat a été expulsé manu militari par les forces de répression au mois de septembre 2013, sans aucune solution de relogement pour les occupant-e-s du squat et d’autres personnes sans abris. Après deux nouveaux squats ayant hébergé près de 90 personnes , 103-109 rue de Bayeux ouvert du septembre 2013 au mai 2014 et 5 place du 36ème régiment appartenant à ALLIANZ assurances (« avec vous de A à Z » ?!) ouvert suite à la manifestation du 1er mai et expulsé après seulement 2 semaines d’occupation par trois compagnies de CRS, l’Assemblée Générale de Lutte s’est installée au 11-13 allée du Saut du Loup qui héberge actuellement une cinquantaine d’expulsé-e-s, familles avec enfants et personnes seules.

11-13 allée du Saut du Loup se situe dans un ensemble de maisons individuelles dont une partie, y compris des maisons réquisitionnées, appartient à un fond d’investissement et de spéculation, masqué derrière un prête-nom en lien avec « Bâtiments de France ». Les bâtis appartenant à ce fond sont soit démolis en laissant des terrains vagues, soit laissés à l’abandon pendant des années à l’image des numéros 11 et 13 actuellement squattés. En même temps, ces « investisseurs » font la pression auprès d’autres propriétaires-occupants de la même rue pour les pousser à leur vendre leur bien et ainsi gérer tout l’ensemble des parcelles de ce secteur.

A l’image de ce cas de figure particulier et pour rappel : plus de 5000 logements (publics/privés) sont vides dans l’agglo caennaise participant activement à la spéculation immobilière pendant que des centaines de personnes sont soit logées dans des conditions extrêmement précaires dans les hôtels et foyers, soit pas logées du tout !

Le nouveau squat est sous le coup d’un arrêté d’expulsion suite à la décision de justice bourgeoise qui, encore une fois, préfère donner la priorité à la sacro-sainte propriété privée au détriment du droit à un toit pour toutes et tous.
C’est dans ce contexte là que l’Assemblée Générale se prépare à marquer symboliquement « un an de lutte ».

Luttes à Caen

Biscuiterie Jeannette – Depuis l’annonce de la liquidation de la Biscuiterie Jeannette à Caen, connue surtout pour ses madeleines, la mobilisation gagnait les salarié-e-s. Au mois de février, 30 salarié-e-s (sur 37 en tout) ont occupé l’usine en relançant la production sur les bases d’autogestion. Malgré l’acharnement des pouvoirs publics, comme par exemple un essai avorté de coupure de gaz par l’huissier de justice chargé de liquidation qui a été bloqué par des ouvrier-e-s et des personnes solidaires de la lutte, cette occupation dure toujours avec une production soutenue et la vente des madeleines sur place et sur des marchés de Caen. Plusieurs offres de reprise ont, depuis, été déposées.

Pour le maintien de l’aide à domicile – Une décision du Conseil Général remettant en cause le secteur du maintien à domicile et l’activité des auxiliaires de vie dans le Calvados a provoqué une forte mobilisation des salarié-e-s des associations d’aide à domicile. Une décision du Département, applicable au 1er avril, concerne entre autres, les bénéficiaires de l’Aide personnalisée à l’autonomie (Apa), classés en groupe 4 (les moins dépendants) : le Calvados préconisera le mode mandataire (la personne âgée est l’employeur de l’auxiliaire de vie), au lieu de prestataire comme jusque-là. La même décision prévoyait une baisse considérable des aides aux personnes âgées et handicapées. Depuis une première manifestation réunissant 400 personnes devant le Conseil Général, d’autres manifestations et actions d’aides à domicile et des personnes concernées par le maintien à domicile se sont enchaînées. Face à cette forte mobilisation, le Conseil Général a reculé et des avancées ont été obtenues au moins pour une partie des « usagers ». Même si une véritable crise sanitaire et sociale a été évitée dans le département, le mouvement, qui depuis dépasse le cadre strictement syndical et réuni des salarié-e-s syndiqué-e-s ou non, il continue avec les permanences tous les jeudis.

Intermittents en colère – Dès le mois de janvier, avant le début des négociations entre MEDEF et les syndicats concernant l’assurance-chômage, les rassemblements et les manifestations des intermittents, précaires et chômeurs ont eu lieu devant la Préfecture du Calvados et d’autres institutions ont eu lieu. Depuis, le KIC (coordination des intermittents du Calvados), composé d’artistes et de techniciens syndiqués et non syndiqués, mobilise pour lutter contre la remise en cause de leur statut voulue par MEDEF. Des manifestations et actions ont eu lieu pendant tout le mois de mars sur Caen.

Lutte pour les logements à la veille de la reprise d’expulsions – Samedi 29 mars, Confédération Syndicale des familles (CSF) a appelé, comme chaque années, à une manifestation contre les expulsions locatives devant la préfecture à Caen. L’Assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions qui mobilise depuis le mois de mai 2013 contre les expulsions et pour les solutions de relogements pérennes et décentes, notamment pour des personnes expulsées des centres d’hébergement d’urgence a relayé cet appel. La manifestation a réuni plusieurs dizaines de personnes avec un appel à la manifestation mensuelle de l’AG de lutte samedi 5 avril. Aussi, les lieux réquisitionnés par l’AG de lutte au 103-109, malgré une décision de justice demandant l’expulsion, tiennent toujours depuis sept mois, et hébergent actuellement une cinquantaine de personnes, dont six enfants.

Un appel à la convergence des luttes locales a été lancé par l’AG de lutte contre toutes les expulsions

Réunion d’information RESF 14

Communiqué de RESF14:

Dans notre académie, plusieurs élèves étranger-e-s rencontrent des problèmes plus ou moins graves TOUS les jours :

– en septembre dernier, un élève du lycée Laplace à Caen a été arrêté devant son établissement puis enfermé au centre de rétention administrative de Rennes,
– en octobre, un lycéen a été exclu de son internat, suite à une fin de sa prise en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance lié à un scandaleux test osseux, digne de l’époque coloniale…
– depuis le mois de juin 2013 à Caen, plus de 300 places en centre d’hébergement d’urgence, dépendant de la Directive Départementale de la Cohésion Sociale, ont été supprimées soit autant d’êtres humains jetés à la rue, dont des élèves scolarisé-e-s…
L’Affaire Léonarda, n’est qu’un aspect médiatique de la question des étrangers, Tous les jours des élèves étranger-e-s (avec ou sans papiers) subissent des difficultés en France…

Pour ne pas laisser ces élèves seul-e-s, un collectif du Réseau Education Sans Frontière vient d’être créé dans l’académie de Caen. Ses objectifs sont :
d’œuvrer à la scolarisation des élèves étranger-e-s,
aider au respect de leurs différents droits (cartes de séjour, aides sociales, droit à un logements, à la santé…),
obtenir la régularisation des élèves et de leurs familles,
résister à la xénophobie qui se répand…

Le collectif RESF-14 regroupe des personnes engagées à titre individuel, syndiquée ou non dans l’éducation nationale, et prend ses décisions en assemblée générale.

Réunion d’information :
mercredi 27 novembre, 19h,
 à la Maison des solidarités (51, quai de juillet à Caen)

Nous recherchons des contacts-relais afin de receuillir/diffuser des informations concernant les élèves étranger-e-s en difficulté dans l’académie de Caen.

Contacts :
Benjamin : 06.41.69.18.81
Stéphane : 06.38.29.74.06
Lucie : 06.46.43.57.11
E-mail : RESF14@gmail.com

Ne rien faire, c’est laisser faire !
Nous résisterons par notre solidarité !

Affiche

Caen – 5 mois de lutte pour le logement et des papiers … et ça continue !

Article paru dans le bulletin Communisme-ouvrier n°37:

Jeudi 31 octobre, 23ème manifestation hebdomadaire à l’appel de l’Assemblée Générale de Lutte contre Toutes les Expulsions occupera les rues de Caen pour dénoncer les expulsions de l’hébergement d’urgence et des centres d’accueil pour les demandeurs d’asile, les rafles des sans-papiers et pour exiger un logement pérenne et décent et des papiers pour toutes et tous.

Depuis le début de l’année, à Caen comme dans d’autres grandes villes, l’Etat expulse des centres d’hébergement d’urgence. La diminution des budgets pour le financement des CADA (centre d’accueil pour les demandeurs d’asile), de l’hébergement d’urgence et de l’Action Sociale s’inscrit dans la continuité des politiques d’austérité mises en place par les gouvernements de droite et poursuivies depuis un an par le gouvernement social-démocrate. Cette austérité et la politique xénophobe menée par l’Etat ont déjà poussé près de 400 personnes de plus, majoritairement des demandeurs d’asile, à la rue, à Caen.

Quelle que soit la nationalité, la solidarité avec les expulsé-e-s. Réquisition des logements vides !

Pour créer un rapport de force, héberger une partie des expulsé-e-s, notamment les familles avec les enfants aux bas âges, et obliger la Préfecture à assumer ses responsabilités, l’Assemblée Générale de Lutte contre Toutes les Expulsions, composée des personnes expulsées du 115 et des militant-e-s avait réquisitionné un lieu au 202 rue de Bayeux à Caen. Il s’agissait d’un complexe immobilier qui abritait un centre d’accueil pour des femmes isolées jusqu’en 2012 avant de se vider de ses occupant-e-s à cause des loyers trop élevés imposés par le propriétaire, le bailleur dit « social », Calvados Habitat. Calvados habitat a immédiatement porté plainte et après 3 mois d’occupation, fortes d’une décision de justice bourgeoise qui place la sacro-sainte propriété privée devant le droit à une vie décent des êtres humains, les forces de l’ordre (une centaine de flics contre une trentaine de personne, majoritairement des gosses) ont expulsé le 202 rue de Bayeux le 19 septembre. Les familles, dont quelques unes ont été sanctionnées pour leur lutte par les OQTF et les assignations à domicile en attendant leur reconduites à la frontière, se sont retrouvées à nouveau mises à la rue après un relogement très précaire de quelques jours dans les hôtels.

Qui dit expulsion, dit réouverture !

Sur Caen, il y a plus de 5000 logements vides alors que les êtres humains se retrouvent à la rue, prouvant bien que le refus de réquisition par l’Etat pour mettre les logements à la disposition des mal-logé-e-s est bien un choix politique. L’expulsion du « 202 » était une décision politique également.

Le soir même après l’expulsion, une équipe de l’Assemblée Générale de Lutte a occupé un autre lieu de plus de 1000 m² habitables et vide depuis des années. Ce lieu a été rendu publique le 25 septembre et se trouve au 103-109 rue de Bayeux. Le procès d’expulsion à la demande des propriétaires est en cours et les plaidoiries sont reportées au 7 novembre avec un rassemblement à l’appel de l’AG le jour même à 15h devant le Tribunal d’instance, place de la République à Caen.

Pour un logement pérenne et décent, seule la lutte paye !

En attendant le résultat du procès, la lutte continue. Ce lieu héberge actuellement une partie des expulsé-e-s du 115 dont la majeur partie participe activement à la lutte, aux AG et aux actions. Suite à la manifestation du 30 septembre qui avait pour but de perturber le conseil municipal à la mairie de Caen, une délégation composée majoritairement des « sans-papiers » et expulsé-e-s du 115 s’est retrouvée devant Philippe Duron, le maire (PS) de Caen, dans une ambiance intimidante : forte présence policière, mairie bouclée, médias, discussions sans laisser du temps aux traductions, etc. Philippe Duron, en haut de ses 29 fonctions cumulées occupant le 4ème rang des cumulards, s’est défendu de ne pas avoir le droit de réquisition prouvant encore une fois que les politiciens-ennes sont prêt-e-s à tout, y compris le mensonge, car ce droit, inscrit dans la loi, existe bel et bien et revient aux mairies autant qu’aux préfets. Phillipe Duron a surtout répondu deux semaines plus tard en organisant une réception, pour ses ami-e-s et les associations caritatives, à l’occasion de « la journée du refus de la misère », avec caviar et champagne comme accompagnement, dans une ville où les familles entières et les enfants se font jetés à la rue. L’AG n’a pas raté l’occasion du 17 octobre pour perturber encore une fois cet événement de la mairie de Caen avec le message clair : on ne se bat pas contre la misère avec des réceptions somptueuses une fois par an, à l’image des politicards, ni avec la charité, à l’image des associations caritatives, mais bien en luttant tous les jours dans les rues, contre le capitalisme et ses chiens de garde.

L’Assemblée Générale de Lutte contre Toutes les Expulsions tous les mardis et vendredis à 18h au 103-109 rue de Bayeux à Caen

Les manifestations tous les jeudis à 18h devant la Préfecture du Calvados à Caen.

ICO Caen

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