Caen – 5 mois de lutte pour le logement et des papiers … et ça continue !

Article paru dans le bulletin Communisme-ouvrier n°37:

Jeudi 31 octobre, 23ème manifestation hebdomadaire à l’appel de l’Assemblée Générale de Lutte contre Toutes les Expulsions occupera les rues de Caen pour dénoncer les expulsions de l’hébergement d’urgence et des centres d’accueil pour les demandeurs d’asile, les rafles des sans-papiers et pour exiger un logement pérenne et décent et des papiers pour toutes et tous.

Depuis le début de l’année, à Caen comme dans d’autres grandes villes, l’Etat expulse des centres d’hébergement d’urgence. La diminution des budgets pour le financement des CADA (centre d’accueil pour les demandeurs d’asile), de l’hébergement d’urgence et de l’Action Sociale s’inscrit dans la continuité des politiques d’austérité mises en place par les gouvernements de droite et poursuivies depuis un an par le gouvernement social-démocrate. Cette austérité et la politique xénophobe menée par l’Etat ont déjà poussé près de 400 personnes de plus, majoritairement des demandeurs d’asile, à la rue, à Caen.

Quelle que soit la nationalité, la solidarité avec les expulsé-e-s. Réquisition des logements vides !

Pour créer un rapport de force, héberger une partie des expulsé-e-s, notamment les familles avec les enfants aux bas âges, et obliger la Préfecture à assumer ses responsabilités, l’Assemblée Générale de Lutte contre Toutes les Expulsions, composée des personnes expulsées du 115 et des militant-e-s avait réquisitionné un lieu au 202 rue de Bayeux à Caen. Il s’agissait d’un complexe immobilier qui abritait un centre d’accueil pour des femmes isolées jusqu’en 2012 avant de se vider de ses occupant-e-s à cause des loyers trop élevés imposés par le propriétaire, le bailleur dit « social », Calvados Habitat. Calvados habitat a immédiatement porté plainte et après 3 mois d’occupation, fortes d’une décision de justice bourgeoise qui place la sacro-sainte propriété privée devant le droit à une vie décent des êtres humains, les forces de l’ordre (une centaine de flics contre une trentaine de personne, majoritairement des gosses) ont expulsé le 202 rue de Bayeux le 19 septembre. Les familles, dont quelques unes ont été sanctionnées pour leur lutte par les OQTF et les assignations à domicile en attendant leur reconduites à la frontière, se sont retrouvées à nouveau mises à la rue après un relogement très précaire de quelques jours dans les hôtels.

Qui dit expulsion, dit réouverture !

Sur Caen, il y a plus de 5000 logements vides alors que les êtres humains se retrouvent à la rue, prouvant bien que le refus de réquisition par l’Etat pour mettre les logements à la disposition des mal-logé-e-s est bien un choix politique. L’expulsion du « 202 » était une décision politique également.

Le soir même après l’expulsion, une équipe de l’Assemblée Générale de Lutte a occupé un autre lieu de plus de 1000 m² habitables et vide depuis des années. Ce lieu a été rendu publique le 25 septembre et se trouve au 103-109 rue de Bayeux. Le procès d’expulsion à la demande des propriétaires est en cours et les plaidoiries sont reportées au 7 novembre avec un rassemblement à l’appel de l’AG le jour même à 15h devant le Tribunal d’instance, place de la République à Caen.

Pour un logement pérenne et décent, seule la lutte paye !

En attendant le résultat du procès, la lutte continue. Ce lieu héberge actuellement une partie des expulsé-e-s du 115 dont la majeur partie participe activement à la lutte, aux AG et aux actions. Suite à la manifestation du 30 septembre qui avait pour but de perturber le conseil municipal à la mairie de Caen, une délégation composée majoritairement des « sans-papiers » et expulsé-e-s du 115 s’est retrouvée devant Philippe Duron, le maire (PS) de Caen, dans une ambiance intimidante : forte présence policière, mairie bouclée, médias, discussions sans laisser du temps aux traductions, etc. Philippe Duron, en haut de ses 29 fonctions cumulées occupant le 4ème rang des cumulards, s’est défendu de ne pas avoir le droit de réquisition prouvant encore une fois que les politiciens-ennes sont prêt-e-s à tout, y compris le mensonge, car ce droit, inscrit dans la loi, existe bel et bien et revient aux mairies autant qu’aux préfets. Phillipe Duron a surtout répondu deux semaines plus tard en organisant une réception, pour ses ami-e-s et les associations caritatives, à l’occasion de « la journée du refus de la misère », avec caviar et champagne comme accompagnement, dans une ville où les familles entières et les enfants se font jetés à la rue. L’AG n’a pas raté l’occasion du 17 octobre pour perturber encore une fois cet événement de la mairie de Caen avec le message clair : on ne se bat pas contre la misère avec des réceptions somptueuses une fois par an, à l’image des politicards, ni avec la charité, à l’image des associations caritatives, mais bien en luttant tous les jours dans les rues, contre le capitalisme et ses chiens de garde.

L’Assemblée Générale de Lutte contre Toutes les Expulsions tous les mardis et vendredis à 18h au 103-109 rue de Bayeux à Caen

Les manifestations tous les jeudis à 18h devant la Préfecture du Calvados à Caen.

ICO Caen

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« Pour fumer à la récré, il te faut du papier en règle ! »

Article paru dans Charlie Hebdo:

Jeudi 12 septembre, devant le lycée Laplace, à Caen. Pendant l’intercours, comme dans beaucoup d’autres bahuts de France, un groupe de lycéens va s’en griller une devant l’établissement… Banal.

Des pandores qui passent par là voient des jeunes la cigarette au bec, contrôle d’identité… Toujours banal, hélas !

Mais ce qui l’est moins, c’est l’arrestation d’un des leurs : tous contrôlés, donc, mais seul Steve O., un jeune Nigérian de 21 ans, est arrêté et enfermé au centre de rétention administrative de Rennes, parce que étranger et sans-papiers.

Arrivé mineur en France, Steve prépare un CAP couvreur en alternance et bénéficie d’un contrat jeune majeur du conseil général du Calvados. Mais la préfecture lui a délivré une obligation de quitter le territoire, dont la validité a été confirmée par le tribunal administratif (TA).

Le cas de Steve est exemplaire de ce qui tend à se banaliser pour les jeunes étrangers sous la paire Hollande-Valls : arrivés mineurs, donc en situation régulière, pris en charge par l’État, qui, en rejetant presque systématiquement leur demande de régularisation, les transforme en sans-papiers à leur majorité.

Regardons le déroulement : un môme arrive en France, il est pris en charge dans le cadre de la loi qui protège les mineurs, il est scolarisé. Jusque-là, tout va bien.

Il fait des études, vit plusieurs années ici, devient majeur, mais reste sous protection du conseil général. Et c’est là que tout s’écroule, que les rêves se brisent : à 18 ans, la préfecture refuse de lui accorder un titre de séjour. Pourtant, elle peut le faire, mais la circulaire Valls de novembre 2012 ne l’y encourage pas en multipliant les conditions permettant à un étranger arrivé mineur en France d’obtenir un titre de séjour à sa majorité. L’État fabrique ainsi délibérément un sans-papiers.

C’est absurde, brutal et inhumain, mais accepté — et même défendu si l’on en croit le bilan des arrestations et expulsions de cet été — par ce gouvernement qui refuse de modifier la loi sur le séjour des étrangers, alors même que certains de ses membres l’ont combattue… quand ils étaient dans l’opposition !

Le 31 octobre 2005, une circulaire de Sarkozy suspendait les arrestations de lycéens, et il était alors recommandé à la police d’« éviter […] des démarches dans l’enceinte scolaire ou dans ses abords » !
Le changement a eu lieu, mais certes pas dans le bon sens : ce que les ministres de l’Intérieur successifs sous la droite s’étaient abstenus de faire, un ministre de l’Intérieur de gauche (?) le remet au goût du jour !

Et même si Steve a été libéré par le TA le 16 septembre pour « manque d’examen de sa situation », tous les jeunes majeurs sans papiers, mais qui ont pourtant tenté de régulariser leur situation et qui sortent s’en rouler une à la récré, sont dorénavant en danger.

Cath-Expulse

Lutte contre les expulsions lors de la journée du patrimoine

Une cinquantaine de personne ont répondu à l’appel de l’AG de lutte contre toutes les expulsions pour une action aujourd’hui, 14 septembre, lors de la Journée du Patrimoine.

CaenPaUn camp a été improvisé place de la République pendant l inauguration de la nouvelle place de la République (réaménagée de sorte à virer des SDF qui y squattaient). Ce camp a tenu 20 minutes avant d’être évacué par la flicaille après une forte bousculade.

Ensuite, manif pendant 2 heures et demi dans les rues de Caen, avec tentes, banderoles, tracts, prises de paroles, etc…

caen2On a fini avec le déploiement d une grande banderole (7×3,5m) sur le château.

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Action du 18 juillet

L’AG de lutte contre toutes les expulsions avait voté cette action suite aux menaces plus précises d’expulsion du 202 rue de Bayeux: Les militant-e-s ont investi les locaux de Calvados Habitat jusqu’au bureau de son directeur, puis sont passé devant le local du Parti socialiste avant de rejoindre la Préfecture puis la place Bouchard en centre-ville. La presse écrite régionale et France 3 Basse-Normandie ont parlé de cette action.

Caen 18 juillet 2013 (1)Caen 18 juillet 2013 (3)

ALERTE : avis d’expulsion du « 202 »

Ce matin une ordonnance d’expulsion du 202 rue de Bayeux datée du 05 juillet a été notifiée sur le portail de ce lieu réquisitionné depuis quelques semaines.

L’assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions se réunira en urgence ce mercredi soir à 18h30 au 202 rue de Bayeux. Les avocats sont prévenus. Nous avons donc besoin du plus grand nombre de personne pour soutenir le mouvement, participer à la préparation des actions et être présent au « 202 ».

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