Un an de lutte, quatre squats et des expulsions

A Caen, après un an de lutte, les expulsions des centres d’hébergement d’urgence qui continuent, des centaines de personnes à la rue, les réquisitions des logements vides continuent.

Ici, comme dans bon nombre de villes en France, depuis 2013, la politique d’austérité du gouvernement PS renforcée par la xénophobie d’Etat se traduit par le non respect des conditions d’hébergement pour les migrant-e-s, notamment les demandeurs-euses d’asile.

Ainsi, plus de 200 personnes se sont retrouvées à la rue suite à leur expulsion des centres d’hébergement d’urgence (115) pour la seule ville de Caen.

L’Assemblée Générale de Lutte contre Toutes les expulsions formée par les expulsé-e-s et les militant-e-s au mois de juin 2013 a alors ouvert un premier lieu au 202 rue de Bayeux pour héberger une soixantaine de réfugié-e-s (dont près de 20 enfants). Ce squat a été expulsé manu militari par les forces de répression au mois de septembre 2013, sans aucune solution de relogement pour les occupant-e-s du squat et d’autres personnes sans abris. Après deux nouveaux squats ayant hébergé près de 90 personnes , 103-109 rue de Bayeux ouvert du septembre 2013 au mai 2014 et 5 place du 36ème régiment appartenant à ALLIANZ assurances (« avec vous de A à Z » ?!) ouvert suite à la manifestation du 1er mai et expulsé après seulement 2 semaines d’occupation par trois compagnies de CRS, l’Assemblée Générale de Lutte s’est installée au 11-13 allée du Saut du Loup qui héberge actuellement une cinquantaine d’expulsé-e-s, familles avec enfants et personnes seules.

11-13 allée du Saut du Loup se situe dans un ensemble de maisons individuelles dont une partie, y compris des maisons réquisitionnées, appartient à un fond d’investissement et de spéculation, masqué derrière un prête-nom en lien avec « Bâtiments de France ». Les bâtis appartenant à ce fond sont soit démolis en laissant des terrains vagues, soit laissés à l’abandon pendant des années à l’image des numéros 11 et 13 actuellement squattés. En même temps, ces « investisseurs » font la pression auprès d’autres propriétaires-occupants de la même rue pour les pousser à leur vendre leur bien et ainsi gérer tout l’ensemble des parcelles de ce secteur.

A l’image de ce cas de figure particulier et pour rappel : plus de 5000 logements (publics/privés) sont vides dans l’agglo caennaise participant activement à la spéculation immobilière pendant que des centaines de personnes sont soit logées dans des conditions extrêmement précaires dans les hôtels et foyers, soit pas logées du tout !

Le nouveau squat est sous le coup d’un arrêté d’expulsion suite à la décision de justice bourgeoise qui, encore une fois, préfère donner la priorité à la sacro-sainte propriété privée au détriment du droit à un toit pour toutes et tous.
C’est dans ce contexte là que l’Assemblée Générale se prépare à marquer symboliquement « un an de lutte ».

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