Pourquoi « ouvrier » ?

Lorsque qu’on nous demande pourquoi parlez-vous de « communisme ouvrier », la question ne porte généralement pas sur «  Pourquoi compléter communisme par un adjectif ?  » car on connaît les dégâts historiques du stalinisme et on comprend l’intérêt du recentrage sur la classe ouvrière, mais plutôt sur:

«  Pourquoi « ouvrier » ? Moi je ne suis pas ouvrier ».

On serait tenté de répondre : « Ah bon, mais es-tu bourgeois ? ». Mais il ne faut pas laisser croire qu’il s’agirait de quelque-chose comme « être dans le camp » de ce qu’on n’est pas.

Quand on parle de communisme ouvrier, on ne parle pas seulement des ouvriers compris comme une catégorie socio-professionnelle délimitée par des critères de la sociologie bourgeoise, ni des seuls « travailleurs productifs » produisant une plus-value, donc productifs du point de vue du capitaliste. Quand on parle de communisme ouvrier, on parle de la classe ouvrière, qu’en anglais on appelle working class, ce qui se traduit tout autant par « classe travailleuse » : on parle de l’ensemble des exploité-e-s, que leur exploitation soit subie à l’usine ou ailleurs, on parle du prolétariat. On aurait pu dire « communisme prolétarien », le propos aurait été le même. La classe ouvrière en ce sens, ce n’est pas seulement les ouvriers, ce sont aussi tous ceux qui partagent le même esclavage salarial, ceux qui sont au chômage, en formation ou à la retraite, et même certaines catégories de travailleurs non salariés dont l’indépendance sur le marché est illusoire (et a contrario la forme juridique salariale de certains hauts revenus n’en fait pas des exploités).

Nous sommes donc communistes « ouvriers » car nous revenons résolument au projet initial du mouvement ouvrier : l’émancipation des travailleurs. C’est cela avant tout qu’on veut dire quand on parle de « Retour à Marx », contre la démarche d’un pseudo-communisme qui défend d’autres intérêts (comme ceux de la bureaucratie d’Etat ou des bourgeoisies nationalistes). Cette émancipation ne se fera pas par des nationalisations dans le cadre de l’Etat bourgeois, par un soutien systématique à toute force anti-américaine à travers le monde, par des calculs électoraux, plus de pistes cyclables ou du sport sans dopage. Cette émancipation se fera par une force accrue de la classe ouvrière internationale dans la lutte de classe qui l’oppose à la bourgeoisie depuis deux siècles, et avec une perspective communiste intégrale, qui nous sorte réellement de l’enfer capitaliste, qu’elle qu’en soit sa forme, bourgeoise-privée ou étatique-bureaucratique.

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